Les archives constituent généralement une ressource primordiale pour l'étude des objets mobiliers et des décors, depuis leur conception jusqu’aux vicissitudes de leur vie ultérieure (propriété successive ; modification, restauration, destruction ; reproduction, exposition, postérité, etc.). Pour cette étude, et de plus en plus abondamment à partir du milieu du Moyen Âge, les archives proposent des documents de nature multiple : correspondances, rapports, comptes, inventaires, documents figurés (plans, gravures, photographies, etc.), documents officiels liés à la commande (délibérations, bons, arrêtés, actes notariés)… Cependant, le chercheur doit comprendre que les circonstances de la production et de la conservation des archives rendent cette ressource plus ou moins abondante. Pour bien l'utiliser, il doit, en outre, connaître
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assez finement le fonctionnement des institutions liées à la création et à la gestion des objets mobiliers et décors, notamment pour ceux relevant de la sphère publique. De ce point de vue, tandis que certains fonds d'archives s’imposeront comme « incontournables » (Maison du roi ou de l’empereur ; direction des Beaux-Arts, monuments historiques ; fonds d'agences d'architecture, publiques ou privées ; fonds privés de propriétaires, galeristes ou artistes, etc.), d'autres auxquels on s’attendrait moins apporteront des éléments tout à fait inédits et décisifs. Le Guide des sources de l'histoire de l'art aux Archives nationales et aux Archives de Paris, publié en 2012 par le Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) et les Archives nationales, témoigne particulièrement – entre autres outils d'orientation disponibles – de cette complexité de l'approche des archives et de leur richesse.

Intervention de Nadine Gastaldi, conservatrice générale aux Archives nationales, enregistrée le enregistrée le 28 janvier 2016 dans le cadre du colloque « Mobiliers, ensembles, décors. Conserver, restaurer, faire vivre ».